A propos de l’artiste
Marie-France Bangerter est née en 1955.  Après une enfance sans histoire, la vie de cette artiste à la modestie rare a pris des virages parfois improbables. L’âme cabossée plus souvent qu’à son tour, elle a su aussi regarder devant elle et choisir le meilleur chemin. Celui qui mène à Compostelle a été l’un des plus remarquables. L’âge avançant, les jambes ne suivent plus mais les vagues à l’âme persistent, surtout au cours de nuits parfois trop longues.
Depuis une paire d’années, c’était en 2018, Marie-France Bangerter a appris à apprivoiser ses vieux démons. Une poignée de crayons à la main, elle les force à se coucher sur ses feuilles de papiers à dessin. A chaque fois, l’hydre prend une forme différente avec des circonvolutions serpentines et des écailles de dragons. Mais s’agit-il vraiment d’une hydre?
Enfants sages, chérubins, maures, arlequins ou braves toutous, la plupart de ses têtes affirment par des sourires engageants que les douleurs sournoises peuvent aussi s’apprivoiser.  Têtes de serpents, langues de vipères ou de dragons sont souvent cantonnés aux rameaux inférieurs de l’être buissonnant qu’imagine Marie-France Bangerter à chaque fois qu’elle saisit ses crayons. Mais n’interprétons pas plus que de raison. Sur certains dessins, l’animal mythique possède les jambes d’un simple bipède, sur d’autres elles sont multiples, presque autant que le sont les têtes.  Souvent, les jambes sont celles d’un félin... Patte de velours ou griffes acérées selon l’humeur du moment.
Lorsqu’on la questionne, celle que l’on appelle simplement Marie tient à garder jalousement les secrets des 96 dessins qu’elle avait déjà réalisé au printemps 2026.
C’est pour elle seule qu’elle s’est si souvent installée à sa table à dessin, sans jamais songer à une quelconque démarche artistique. D’ailleurs la qualification d’artiste froisse un peu sa modestie. «Je suis une dessinatrice, rien de plus», se plaît-elle à répéter.
Comme tout un chacun, Marie vit à l’heure des réseaux sociaux. Quelques amies et parentes lui en ont montré le chemin. Smartphone en main, elle a posté quelques photos, afin d’adresser un simple coucou à ses connaissances. Les réactions enchantées ont été autant de surprises. «Découvrir que mes dessins peuvent plaire à ce point m’a beaucoup étonnée.»
Cette absence d’ambition a voulu que ses œuvres soient toutes couchées sur de simples feuilles A4 de papier à dessin. Les traits sont incisifs mais les à plat crayonnés le plus simplement du monde. Parfois le graphite et les pigments ont un peu débordé. Qu’à cela ne tienne, quand on dessine pour soi-même, on ne se plie à aucun code. A quoi bon d’ailleurs ? Marie dit avec détermination qu’à ce stade, les originaux de ses œuvres restent des biens privés dont elle ne compte absolument pas se défaire de sitôt.
Naissance d’une collaboration
Bien loin d’être un critique d’art avisé, Blaise Droz fondateur du studio photographique Drozprod a néanmoins choisi de croire au talent de Marie-France Bangerter. Il l’a convaincue de se dévoiler davantage.  
Photographiés avec le plus grand soin sous un éclairage minutieusement positionné, les dessins originaux, conservés dans des classeurs, forment désormais une collection parallèle. Il s’agit de copies certes mais qui ont acquis leur propre caractère sur un fond entièrement blanc qui les met magnifiquement en valeur.
Les 96 œuvres produites à ce jour peuvent être visionnées sur les pages qui suivent. Elles sont classées par ordre chronologique, année après année. Quelques dessins n’ont pas été signés bien que remarquables. Ils sont présentés sur la dernière page consacrée à Marie-France Bangerter.

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